lundi 6 mars 2017

21 février/6 mars: Icône de la Mère de Dieu de Kozelstchina [КОЗЕЛЬЩАНСКАЯ]



L'icône de la Mère de Dieu de Kozelstchina a été glorifiée vers le fin du XIXe siècle, mais elle est beaucoup plus ancienne. Venant d'Italie, elle arriva en Russie par l'intermédiaire de l'une des demoiselles d'honneur italienne de l'impératrice Elizabeth (1741-1761). Celle-ci épousa un employé de l'armée des cosaques zaporogues, et l'icône partit alors en Ukraine avec le couple.

Au XIXe siècle, elle passa dans la famille du comte Wladimir Kapniste, dans le village de Kozelstchina, dans la région de  Poltava. En 1880, pendant la semaine de la tyrophagie, Marie, la fille de cette famille, se blessa les os du pied. Le médecin du lieu annonça que ce n'était pas grave. Un chirurgien réputé de Kharkov, confirma le diagnostic, et plâtra le pied de la jeune fille. Il prescrivit aussi des bains chauds, et une supplémentation en fer. Une chaussure spéciale fut faite pour faciliter la marche. Le Grand Carême finit, mais sans amélioratiion de l'état de santé de Marie.

Après Pâques, l'autre pied de Marie se tordit. Puis les deux épaules et la hanche gauche furent disloquées, et elle eut des douleurs dans la colonne vertébrale. Le médecin conseilla au Comte Kapniste d'emmener immédiatement sa fille dans le Caucase pour y bénéficier de l'air pur des montagnes, et des vertus curatives des eaux minérales. 

Mais le voyage et ces traitements supposés être curatifs empirèrent grandement le mal de Marie. La jeune fille n'avait plus aucune sensation ni dans les mains, ni dans les pieds, même lorsqu'ils étaient touchés ou pincés. La famille rentra chez elle, et en octobre on consulta à Moscou des spécialistes qui s'avérèrent impuissants à trouver un remède au mal étrange de la jeune fille.

Le désespoir commença à s'emparer de la famille qui ne voyait pas d'issue au mal de Marie. On annonça la venue à Moscou d'un médecin étranger réputé. Le jour précédant le rendez-vous avec ce médecin, la mère de Marie suggéra d'aller prier devant l'icône familiale de la Mère de Dieu. Mère et fille nettoyèrent la riza (revêtement d'argent) de l'icône, et prièrent la Toute Pure de guérir l'infirmité de Marie. 

Cette icône était considérée comme miraculeuse. La tradition, voulait que les jeunes femmes prient devant elle afin d'avoir une famille heureuse. Il était aussi habituel pour celui ou celle qui demandait son intercession, de nettoyer la riza de l'icône, et de l'essuyer avec du coton ou du lin.

Pressant l'icône miraculeuse contre sa poitrine, Marie, aidée par sa mère, nettoya l'icône et elle déversa toute sa peine et tout le désespoir de son âme vers la Mère de Dieu Très Pure lorsque soudain, elle sentit le retour des forces de son corps et elle s'écria à voix haute, "Maman! Maman! Je peux sentir mes jambes! Je peux sentir mes mains! "Elle arracha les corsets métalliques et ses bandages, et commença sans difficulté à marcher dans sa chambre, tout en continuant à maintenir dans ses bras l'icône de la Mère de Dieu thaumaturge.

Le prêtre de la paroisse fut mandé sur le champ et il célébra un service d'action de grâces devant l'icône. Cet événement extraordinaire de l'intercession de la Mère de Dieu par son icône fut rapidement connu dans tous les environs. Marie et sa mère allèrent à Moscou, emportant avec elles la sainte icône de la Mère de Dieu. La nouvelle de cette guérison inespérée se répandit rapidement à Moscou et les gens affluèrent à l'hôtel, puis à l'église, où était l'icône miraculeuse.

Elle opéra encore plusieurs guérisons. Lorsque la famille repartit à Kozelstchina, les gens avaient déjà entendu parler de ses miracles à Moscou, et beaucoup vinrent la vénérer. Vu le flot incessant des visiteurs, garder cette icône à la maison devint impossible, alors le 23 avril 1881, sur recommandation de l'archevêque Jean de Poltava, elle fut transférée dans une chapelle provisoire. Et depuis lors, chaque jour, dès le matin, des offices d'action de grâce et des acathistes furent servis devant l'icône.


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En 1882 sur le terrain de la propriété, une chapelle, puis une église furent construites. Par décision du Saint Synode du 1er mars 1885, un couvent de moniales fut établi, et le 17 février 1891, il fut dédiée à la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu.

À présent, cette icône est dans le couvent de moniales du Pokrov (Protection de la Mère de Dieu) à Krasnogorsk dans le diocèse de Kiev. Dans le coin inférieur gauche de l'icône, on remarque une table avec une tasse et une cuillère. On pense que cela symbolise (selon l'ikos 11 de l'acathiste écrit pour l'icône) la Mère de Dieu comme une "coupe pour y verser le vin de la joie"). 

Version française Claude Lopez-Ginisty

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