mercredi 31 août 2016

18/31 août: Icône de la Mère de Dieu Pantanassa/ «ВСЕЦАРИЦА»

икона Божьей матери «ВСЕЦАРИЦА»

18/31 août


Cette icône de la Sainte Montagne de l'Athos,  fut apportée (peinte?) au monastère de Vatopédi par le Staretz Joseph de Nea Skiti. Il fut le témoin des premiers miracles de cette icône. 

Un jour un jeune homme originaire de Chypre entra dans l'église du monastère où se trouvait l'icône, et le staretz vit une lumière rayonnant sur le visage de la Mère de Dieu Toute Pure, et une puissance invisible fit soudain tomber le jeune homme à terre. Quand il recouvra ses esprits après sa chute, il commença à se repentir, pleura, et confessa qu'il n'était pas croyant, et qu'il avait pratiqué la magie noire. Il changea alors de vie et devint orthodoxe.

Cette icône est réputée avoir accompli plusieurs miracles, guérissant plus particulièrement les gens atteints de cancer. Il y a de nombreux témoignages de personnes guéries du cancer après avoir assisté au monastère à un office célébré devant l'icône thaumaturge de la PantanassaElle a aussi la réputation de délivrer des sortilèges et de la magie.

Beaucoup de miracles eurent également lieu en Russie où deux copies identiques de l'icône furent envoyées à la demande du Patriarche de Moscou. Une de ces copies est dans l'Eglise de Tous les Saints de Krasnoïe Selo de Moscou et l'autre au Monastère de la Transfiguration du Christ de Novospaski.  

Tous les  18/31 août, l’Eglise russe célèbre traditionnellement des molebens pour le commencement de l’année scolaire. La veille, le 17/30 août, lors de l’office vespéral, l’hymne acathiste est célébré devant l’icône de la Mère de Dieu "Pantanassa" et le 18/31,  jour de commémoration de l’icône thaumaturge, un moleben est célébré pour tous les écoliers et les étudiants, afin que la toute Pure Mère de Dieu accorde sa bienheureuse aide et intercession à tous ceux qui font des études.



Version française Claude Lopez-Ginisty



mardi 30 août 2016

17/30 août: Icône de la Mère de Dieu de Sven [Свенская]


Печерская (Свенская) икона Божией Матери

L'icône de la Mère de Dieu des Grottes, de Sven a été peinte par saint Alipy des Grottes de Kiev. Sur cette icône, la Mère de Dieu est représentée assise sur un trône, avec le Divin Enfant sur ses genoux. Saint Théodose est sur le côté droit du trône, et saint Antoine des Grottes à gauche. 

Jusques en l'an de Grâce 1288, l'icône était dans le monastère des Grottes de Kiev, où elle était glorifiée par des miracles. En 1288 elle fut transférée au monastère de Briansk-Svensk, qui est dédié à la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu.

Le prince Romain de Tchernigov, alors à Briansk, était devenu aveugle. Ayant entendu parler des miracles accomplis par l'icône de saint Alipy, le prince envoya un courrier au monastère pour demander que l'icône lui soit envoyée à Briansk. On envoya un prêtre avec l'icône le long de la rivière Desna. Au bout du voyage, le bateau arriva sur la rive droite de la rivière Svena. Après cette nuit passée sur les berges, ils allèrent sur le bateau pour prier devant l'icône, mais ils ne l'y trouvèrent pas. Ils la virent reposant dans les branches d'un chêne, sur une colline de la rive opposée. Ces nouvelles arrivèrent au prince Romain, et ils l'amenèrent vers l'icône à pied.

Le prince pria avec ferveur devant l'icône et promit de construire un monastère à cet endroit, faisant don de tout le terrain qui pouvait être vu depuis  la colline. Après la prière, le prince recouvra la vue. D'abord, il vit le sentier, puis les objets proches de lui, et enfin tous les environs.

Après avoir construit un sanctuaire pour l'icône, le prince fit servir un molieben, et puis on jeta les bases d'une église en bois en l'honneur de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu. 

L'arbre sur lequel reposait l'icône fut coupé et utilisé enplanches de bois pour d'autres icônes. Le jour de la fête de l'icône de la Mère de Dieu de Sven, fut fixée au 3/16 mai. Elle est également commémorée le 17/30 août (jour du natalice de saint Alipy des Grottes de Kiev, l'iconographe).

L'icône a été glorifiée par des guérisons d'aveugles et de possédés, et elle a longtemps été considérée comme une protectrice contre les ennemis.

Version française Claude Lopez-Ginisty

lundi 29 août 2016

16/29 août: Icône de la Mère de Dieu de Théodore (Féodoroskaya) [ФЕОДОРОВСКАЯ], de Kostroma [КОСТРОМСКАЯ]


Икона Божией Матери Феодоровская

Selon la tradition, l’icône de la Mère de Dieu de Théodore (de Kostroma) qui ressemble à l’icône de la Mère de Dieu de Wladimir fut peinte par l'évangéliste Luc.

Cette icône est une icône à deux faces. Sur le revers est l'image de la sainte grande martyre Parascève, représentée dans une splendide tenue de princesse. On croit que cette image de Parascève sur le revers de l'icône est présente du fait qu’elle était la sainte patronne de l’épouse de saint Alexandre de la Neva.

Son nom d’icône de la Mère de Dieu de Théodore lui vient du Grand Prince Yaroslav fils de Vsévolod (+ 1246),  père de saint Alexandre de la Néva, qui, au saint Baptême fut nommé en l'honneur de saint Théodore Stratilate.

Toujours selon la tradition, l'icône fut retrouvée par son frère aîné, saint Georges, dans une ancienne chapelle en bois près de la ville de Gorodets. Plus tard, le monastère Gorodetsk-Théodorov fut construit à cet endroit. Le pieux Prince Yaroslav-Théodore devint le Grand Prince de Wladimir après que son frère saint Georges mourut lors de la bataille contre les Mongols à la rivière Sita. En l'an 1239, il transféra solennellement les reliques de son frère de Rostov à la cathédrale de la Dormition de Wladimir. Il donné l'icône qu'il avait hérité de son frère à son propre fils, le futur saint Alexandre de la Neva.

Le Prince Yaroslav-Théodore est célèbre dans l'histoire russe. Dans la première moitié du XIIIème siècle, il poursuivit les traditions glorieuses de son oncle saint André Bogolioubsky, et de son père Vsevolod III, et il fut impliqué dans presque tous les événements majeurs de l'histoire de la Rus’.

La Russie fut brûlée et déchirée par les Mongols en 1237-1238. Il la releva de ses cendres, reconstruisit et embelli les villes, les églises et les saints monastères. Il rétablit les villes de Kachine, d’Ouglitch, de Yaroslavl, de Kostroma, et de Gorodets dévastées par l'ennemi le long de la Volga.

A Kostroma, il fonda l’église de Théodore Stratilate et près de Gorodets, le monastère Théodorov en l'honneur de son saint patron. Pendant huit ans, ce grand Prince, dût guider le pays sur un chemin singulièrement difficile, maintenant un équilibre militaire et politique avec la Horde d'Or à l'Est, tout en activant une opposition active à l'Europe catholique de l'Ouest. Son compagnon le plus proche fut son fils, saint Alexandre de la Neva, qui poursuivit l’œuvre politique de son père selon les mêmes principes.

L’icône de la Mère de Dieu miraculeuse de Théodore était constamment auprès de saint Alexandre, et il pria fréquemment devant elle. Après sa mort le 14 Novembre 1263 au monastère fondé par son père, l'icône passa entre les mains de son jeune frère Basile.

Basile était le huitième et le plus jeune fils de Yaroslav fils Vsevolod. En 1246 après la mort de son père le Prince Yaroslav , empoisonné à Karakorum, capitale de  Mongolie, quand il n’avait que cinq ans,  Basile devint prince de Kostroma, le moins important des domaines de son père. En l'an de grâce 1272, il devint Grand Prince de Wladimir.

Ses quatre années suivantes comme Grande Prince, de 1272 à 1276 furent remplies de querelles princières fratricides. Depuis plusieurs années, il fut en guerre contre Novgorod avec son neveu indiscipliné Dimitri. En devenant Grand Prince, cependant, Basile n’alla pas  à Wladimir, mais il demeura sous la protection de l'icône miraculeuse à Kostroma, jugeant cet endroit plus sûr en cas de nouveaux foyers de conflits.

Il défendit la Rus’ contre ses ennemis extérieurs. En 1272, lors d'une incursion Tatare, une armée russe sortit de Kostroma pour les affronter. A l’instar de son grand-père, saint André Bogolioubsky (qui amenait l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Wladimir avec lui lors de ses campagnes militaires), Basile partit  au combat avec l’icône. Une lumière aveuglante sortit de l'image sainte, et les Tatares se dispersèrent et quittèrent la terre russe.

Selon les Chroniques de l’époque, le Grand Prince Basile avait un amour particulier pour l'Eglise et le clergé. Le 4 février 1238, après la mort en martyr de Mitrophane de Wladimir lors de la prise de la ville par les Tatares, le diocèse de Wladimir resta sans hiérarque pendant de nombreuses années, Ce désola Basile, et avec son aide, une grande cathédrale fut construite à Wladimir en 1274. Ce fut dans le cadre de l’ordination de saint Sérapion comme évêque de cette cité. Il était auparavant higoumène du monastère des Grottes de la Laure de Kiev.

Le Métropolite Cyril III (+ 1282) présida un Concile des Hiérarques russes. Ce fut le premier concile de l'Église russe depuis l'époque de l'invasion mongole. Beaucoup de problèmes et de troubles avaient hypothéqué la vie de l’Église, et elle commençait à peine à se remettre du malheur qui l’avait frappée. Une de ses principales tâches était de rétablir une culture ecclésiastique russe et de restaurer la tradition d’ordre de l'ancienne Russie.

Sans livres,  l’action salvifique de l'Église serait presque impossible. Des livres étaient nécessaires pour les offices de l'Eglise, et pour la prédication, de la règle de prière en cellule monastique, et pour que les croyants puissent lire leurs prières à la maison. Cette œuvre pie, commença grâce aux efforts du Métropolite Cyrille, des évêques russes et des moines érudits. Le concile approuva de nouvelles éditions de livres essentiels qui constituaient la base canonique de la vie dans l'Eglise orthodoxe.

En 1276, le prince Basile acheva son voyage sur la terre des vivants et naquit au Ciel. Pour la plupart,  les événements marquants de sa vie eurent lieu avec la bénédiction de l’icône de la Mère de Dieu de Théodore. Il s’endormit en Christ à Kostroma, et là, il y attend la résurrection. Depuis ce temps, l'icône sainte est dans la cathédrale de saint Théodore Stratilate à Kostroma.

Le regain d'intérêt dans le Theodore Icône de la Mère de Dieu et la propagation de sa vénération dans toute la Russie est connecté avec les événements du début du XVIIe siècle, et la fin du Temps des Troubles. En l'an 1613, l’icône miraculeuse  de la Mère de Dieu de Théodore de la cathédrale de Kostroma fut présente à la proclamation de Michael Romanov comme nouveau tsar. En mémoire de cet événement historique, le 14 mars a été désigné pour sa commémoration.

De nombreuses copies furent peintes à partir de l’icône de la Mère de Dieu de Théodore de Kostroma, et l'une des premières qui fut faite,  fut apportée à Moscou par la moniale Marthe, mère du Tzar Michel. Dès la seconde moitié du XVIIème siècle, diverses copies furent effectuées, auxquelles des scènes représentant des événements de l'histoire de l'icône miraculeuse furent rajoutées.

En l'an 1670, le hiérodiacre Longin du monastère Hypatiev de Kostroma rédigea le "Récit concernant les manifestations et les miracles de l’icône de la Mère de Dieu de Théodore de Kostroma." 

L'icône de la Très Sainte Mère de Dieu de saint Théodore est également commémorée le 16/29 août.

Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 28 août 2016

15/28 août: Icône de la Mère de Dieu de la Myrte (Myrtidiotissa) [ΜΥΡΤΙΔΙΩΤΙΣΣΑ]




L'icône de la Très Sainte Mère de Dieu de la Myrte (Myrtidiotissa/ΜΥΡΤΙΔΙΩΤΙΣΣΑ en grec) est dans l'église du monastère de Myrtides sur l'île grecque de Cythère. Elle tire son nom du fait qu'elle a été trouvée dans un buisson de myrte au XIVe siècle.

A cette époque, un berger faisait paître ses brebis dans une vallée déserte qui était remplie de buissons de myrte. Le 24 septembre/7 octobre, quarante jours après la Dormition, la Mère de Dieu lui apparut et lui dit de chercher son icône qui avait été amenée à cet endroit de nombreuses années auparavant.

Le berger, de stupéfaction, tomba au sol et pria la Mère de Dieu. Dès qu'il se leva et se retourna, il vit l'icône dans les branches d'un buisson de myrte. Pleurant de joie, il apporta l'icône chez lui et raconta à ses amis et parents comment il l'avait trouvée.

Quand il se réveilla le lendemain matin, le berger ne trouva plus l'icône, et il pensa que peut-être quelqu'un l'avait volée pendant la nuit. Le cœur lourd, il  mena ses brebis vers l'endroit où il avait trouvé l'icône. À son grand étonnement, il vit l'icône encore une fois dans les branches de l'arbuste de myrte. Glorifiant Dieu, l'homme prit à nouveau l'icône dans sa demeure. Le lendemain matin, elle avait disparu tout comme auparavant. Lorsque cela se produisit pour la troisième fois, le berger comprit que la Mère de Dieu voulait que son icône reste où elle était apparue.

Une petite église fut construite pour abriter l'icône, et elle fut nommée "église de la myrte" d'après l'icône. Le bâtiment fut rénové et agrandi au fil des ans, et de nombreux miracles y eurent lieu.

A la fin du XVIe siècle, Théodore Koumprianos, descendant du berger qui avait trouvé l'icône, vivait dans le village de Kousoumari. Il était paralytique, et avait la foi inébranlable que la Mère de Dieu le guérirait. Chaque année, le 24 septembre, il envoyait un membre de la famille à l'église pour allumer des cierges pour lui. Une année, il demanda d'y être porté par sa famille, afin de pouvoir vénérer l'icône lui-même. 

Pendant la vigile, un grand bruit se fit entendre venant de la direction de la mer. Les gens s'enfuirent de l'église, pensant que les pirates attaquaient. Le paralytique resta seul dans l'église, suppliant la Mère de Dieu de le protéger. Soudain, il entendit une voix venant de l'icône, lui enjoignant de se lever et de fuir. 

Il se leva, puis sortit de l'église. Bientôt, il fut en mesure de courir et de rattraper ses parents, qui se réjouirent en voyant ce miracle. En fait, il n'y avait aucune attaque de pirates, et le bruit entendu fut considéré comme un signe de la Providence de Dieu, afin que le paralytique puisse rester seul dans l'église avec l'icône. Depuis ce temps, la famille Koumprianos célèbre la fête le jour de l'icône avec une vénération particulière, puisque Théodore a été guéri ce jour-là.

Certains des autres miracles associés à la Très Sainte Mère de Dieu et à son icône "de la Myrte" comprennent la protection de l'île de la peste, la fin de la stérilité d'une femme juive d'Alexandrie, le sauvetage des gens de la mort, et de nombreuses autres grandes merveilles.

Les pèlerins viennent vénérer l'icône pour la fête de la Dormition (15/28 août), et aussi le jour de sa découverte (24 septembre/7 octobre).

Version française Claude Lopez-Ginisty

15/28 août: Translation de l'icône de la Mère de Dieu de Constantinople, aux Grottes de Kiev [Киево-Печерская]

Успение (Киево-Печерская) икона Божией Матери

L'icône de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu des Grottes de Kiev, est une des plus anciennes icônes dans l'Église orthodoxe russe. La Mère de Dieu fut confiée à quatre architectes byzantins, qui en 1073 apportèrent l'icône à saint Antoine et saint Théodose des Grottes. Les architectes parvinrent à la grotte des moines et demandèrent: "Où voulez-vous construire l'église?" Les saints répondirent: "Allez, le Seigneur vous indiquera le lieu."

"Comment se fait-il que vous, qui êtes sur le point de mourir, vous n'avez pas encore désigné cet endroit?" demandèrent les architectes. "Et ils nous ont donné beaucoup d'or."

Alors les moines convoquèrent tous les frères et ils commencé à interroger les Grecs, en disant: "Dites-nous la vérité. Qui vous a envoyés, et comment êtes-vous arrivés ici? "

Les architectes répondirent: "Un jour, alors que chacun de nous était endormi dans sa propre maison, de beaux jeunes gens sont venus vers nous au lever du soleil, et ont dit:" La Reine vous convoque aux Blachernes." 

Nous y sommes tous arrivés en même temps et, en nous interrogeant les uns les autres, nous avons appris que chacun de nous avait entendu cet ordre de la Reine, et que ces jeunes gens étaient venus vers chacun de nous. Enfin, nous avons contemplé la Reine du Ciel avec une multitude de guerriers. Nous nous sommes prosternés devant elle, et elle a dit: "Je veux me construire une église dans la Rus', à Kiev, et je vous demande de le faire. Prenez assez d'or pour trois ans."

"Nous nous sommes prosternés et avons demandé: " Reine Souveraine! Tu nous envoies dans un pays étranger. Vers qui sommes-nous envoyés? 'Elle répondit: "Je vous envoie vers les moines Antoine et Théodose."

Nous nous sommes alors demandés: Pourquoi donc, Souveraine, nous donnes-tu de l'or pour trois ans? Dis-nous ce qui nous concerne, ce que nous allons manger et ce que nous allons boire, et dis-nous aussi ce que tu sais à ce sujet."

La Reine répondit: "Antoine se contentera de donner la bénédiction, puis il quittera ce monde pour le repos éternel. L'autre, Théodose, le suivra après deux ans. Par conséquent, prenez assez d'or. En outre, personne ne peut faire ce que je ferai pour vous honorer. Je vais vous donner ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, et ce qui n'est pas entré dans le cœur de l'homme (1 Corinthiens 2: 9). Moi-même, je viendrai voir l'église et je demeurerai en son sein."

"Elle nous a aussi donné des reliques des saints martyrs Ménigne, Polyeucte, Léonce, Acace, Aréthas, Jacques, et Théodore, en disant: "Placez ceux-ci au sein des fondations." Nous avons pris plus que suffisamment d'or, et elle a dit: "Sortez pour voir l'église resplendissante." Nous sommes sortis et avons vu une église dans l'air. Retournant à l'intérieur, nous nous sommes prosternés, et nous avons dit: " Reine Souveraine, quel sera le nom de l'église?"

Elle répondit: "Je tiens à l'appeler par mon nom." Nous n'avons pas osé demander ce que son nom était, mais elle a dit à nouveau: "Ce sera l'église de la Mère de Dieu." Après nous avoir donné cette icône, elle a dit: " elle sera placée à l'intérieur." Nous nous sommes prosternés devant elle et sommes allés vers nos propres maisons, prenant avec nous l'icône que nous avions reçu des mains de la Reine."

Après avoir entendu ce récit, tous glorifièrent Dieu, et saint Antoine dit: "Mes enfants, nous n'avons jamais quitté cet endroit. Ces beaux jeunes gens qui vous ont mandés étaient de saints anges, et la Reine des Blachernes était la Très Sainte Mère de Dieu. Quant à ceux qui paraissaient être nous, et l'or qu'ils vous ont donné, le Seigneur seul sait comment il a daigné le faire avec Ses serviteurs. Bénie soit votre arrivée! Vous êtes en bonne compagnie avec l'icône vénérable de la Souveraine."

Pendant trois jours saint Antoine a prié pour que le Seigneur lui montre l'endroit où l'église devait être érigée.

Après la première nuit, il y eut une rosée dans tout le pays, mais c'était sec sur le lieu saint. Le deuxième matin tout le pays était sec, mais sur le lieu saint c'était humide de rosée. Le troisième matin, ils ont prié et béni le lieu, et ont mesuré la largeur et la longueur de l'église avec une ceinture d'or. (Cette ceinture avait été apportée il y a longtemps par le Varègue Shimon, qui avait eu la vision de la construction d'une église.) Un éclair, tombant du ciel par la prière de saint Antoine, indiqua que cet endroit était agréable à Dieu. Ainsi, les fondations de l'église furent posées.

L'icône de la Mère de Dieu de Constantinople fut glorifiée par de nombreux miracles. Deux amis, Jean et Serge, scellèrent leur amitié devant elle. Après de nombreuses années Jean tomba gravement malade. Il donna une partie de sa fortune au monastère des Grottes de Kiev, et  à Serge, il donna une part pour pour la garde de son fils de cinq ans. Il confia également son fils Zacharie à sa tutelle. Lorsque Zacharie eut quinze ans, il demanda son héritage, mais Serge persista à dire que Jean avait tout distribué pour les pauvres. Il alla même  dans l'église de la Dormition et il jura devant l'icône miraculeuse qu'il n'avait rien pris.

Quand il tenta de baiser l'icône, il ne fut pas en mesure d'approcher d'elle. Il alla à la porte et cria soudain: "Saints Antoine et Théodose! Permettez-moi de ne pas être frappé pour ma malhonnêteté. Priez la Très Sainte Mère de Dieu de chasser la multitude de démons qui me tourmentent. Que l'or et l'argent soient pris. Il sont scellés dans mon grenier." 

Zacharie donna tout son héritage au monastère des Grottes, où il fut également lui-même tonsuré moine. Depuis cette époque, personne ne fit de serments devant l'icône miraculeuse.

Plus d'une fois l'icône défendit la terre de l'invasion ennemie. En 1677, quand les Turcs assiégeaient Chigirin et que le danger menaçait Kiev, ils portèrent l'icône en procession dans la ville pendant presque toute la journée du 27 août. La Mère de Dieu bénit les armées russes allant à la bataille de Poltava (1709). En 1812, ils firent à nouveau une procession avec l'icône autour de Kiev. L'icône est commémorée deux fois pendant l'année: le 3 mai et le 15 Août.

Version française Claude Lopez-Ginisty

15/28 août : Icône de la Mère de Dieu de Tinos (de l'Annonciation)





L'histoire de cette icône commence au siècle dernier par des révélations. Ioannis Kiouzi, simple paysan très pieux, depuis  son enfance avait entendu les anciens raconter une tradition selon laquelle dans un lieu appelé "Sité", situé dans le champ d'un certain Doxara, il y avait autrefois une principauté avec une grande princesse et que cette princesse ferait à nouveau revivre sa principauté. Mais pour la plupart des gens, c'était une légende sans signification. 

Ensuite un certain Michaël Polyzoï, originaire d'Andros, mais installé à Tinos, un homme comme lui, simple, humble et très pieux eut un rêve. En février 1821, à l'âge de 80 ans, il vit en songe une dame d'une grande magnificence qui lui dit avec douceur et grâce : «Vas dans  mon champ, dans le champ d'Antoine Doxara, là tu pourras creuser et trouver la sainte icône». 

Le vieillard se réveilla et le rêve restait clairement imprégné dans son esprit. Un peu hésitant, mais à cause de la force de ce rêve, il décida d'en parler à certains de ses amis qui furent d'accord pour l'aider. Il semble qu'il ait cherché tout une nuit dans différents endroits du champs et que beaucoup l'aient aidé, mais la recherche fut vaine. Il trouva seulement quelques tuiles. Tout le monde désespérait de trouver quoi que ce soit, mais Michel Polizoï continuait à croire à cause de la force de son rêve et, avec son prêtre André  Sofianou, il alla voir le métropolite Gabriel et lui raconta son rêve. Mais le métropolite ne pouvait rien décider à ce moment. Un peu plus tard, de nouveaux événements vinrent confirmer les précédents.

Dans le célèbre monastère de la Mère de Dieu des Saints Anges, le monastère de Kehrovouniou, le 9 juillet 1822, juste avant les matines du dimanche, avant même les cloches, la sainte moniale Pélagie eut un rêve dans son sommeil : elle ressentit tout-à-coup un parfum très fort qui emplit tout son être. 

La porte de sa cellule soudain s'ouvrit et une dame d'une allure imposante, entourée d'une grande lumière, entra, s'approcha de son lit et lui dit : « Lève-toi rapidement et va trouver un homme qui s'appelle Stamatello Calgani et dis-lui de ma part que je ne peux plus supporter l'endroit où je suis depuis tant d'années; il faut qu'on découvre ma maison, qui est enterrée dans le champ d'Antoine Doxara et que cet homme fasse lui-même ce qu'il faut pour qu'elle devienne à nouveau une grande maison. S'il n'obéit pas, une épée divine viendra vous détruire tous». Après ces paroles, la femme toute brillante devint invisible. La moniale Pélagie se leva toute tremblante au moment où les cloches sonnaient pour les matines. Elle ne voulut pas révéler son rêve, elle avait peur que ce ne soit une illusion et une semaine entière passa ainsi. 

Exactement une semaine après, la nuit du samedi au dimanche 16 juillet, la même dame entourée de lumière apparut de nouveau à la moniale très émue et lui exprima de nouveau son désir de façon très pressante. Mais de nouveau la moniale Pélagie resta sans décision. Que dire ? Comment les gens écouteraient cela ? Et si ce rêve n'était pas vraiment de Dieu? C'était ces pensées qui la tourmentaient et qui la faisaient hésiter à parler.

Le troisième dimanche, le 23 juillet, avant les matines, la dame inconnue lui apparut, très irritée cette fois-là, et lui dit d'un ton très sévère : « Pourquoi n'as-tu pas exécuté mon commandement, pourquoi es-tu comme cela dans le doute, pourquoi n'as-tu pas de foi ? » Pendant ces paroles, le moniale Pélagie tremblait et elle se réveilla dans cette peur. Mais même réveillée, elle continuait à voir cette dame de grande allure qui tout d'un coup souleva sa main et dit : « Ecoute-moi, pour la dernière fois, Pélagie : si tu ne fais pas ce que je t'ai ordonné, j'effacerai ton nom du Livre de Vie». La moniale voyait et écoutait avec une grande frayeur. Elle eut simplement l'audace de demander : « Mais qui es-tu qui m'ordonnes ces choses et qui es tellement courroucée par ma désobéissance ? » A cet instant la dame inconnue retrouva toute sa paix et sa grâce, resplendit d'une façon extraordinaire dans son visage et, montrant du doigt tout le monde, dit avec une grande douceur : «Terre, annonce la grande joie »  La moniale Pélagie comprit tout de suite et, tombant à genoux, elle eut juste la force de continuer l'hymne de l'Annonciation (refrain de la neuvième ode) : « Chantez, les cieux, la gloire de Dieu ! » C'était la "Pleine de Grâce", c'était la Mère de la Vie, la Mère de Dieu qui tout de suite disparut alors que l'humble cellule de la moniale continuait d'être emplie de lumière et d'un parfum céleste.

Elle révéla donc sa vision à son higoumène après la Liturgie, ensuite au sacristain, celui qui s'occupait du couvent ; lui-même, ne voulant ni croire ni dénier les paroles de la moniale, l'envoya au métropolite Gabriel afin  qu'il puisse examiner de façon plus spirituelle la question. 

L'évêque de Tinos, ayant déjà deux indications, celles de Kiouzi et celle de Polizoï, entendit la vision de la moniale Pélagie avec un profond intérêt et une grande émotion : il était bien évident qu'elle était d'origine divine et attestait de manière indubitable l'existence d'une icône sacrée dans la champs de Doxara. Il en était maintenant certain : il y a longtemps, une église dédiée à la Mère de Dieu a dû exister en cet endroit. Il décida alors, avec une foi inébranlable, de faire tout ce qui était possible pour aider à la découverte de l'ancienne église et de l'icône et d'aider à la construction d'une nouvelle église, comme l'avait demandé la Mère de Dieu. Il fit sonner les cloches de l'église des Saints Anges et, en présence de tout le clergé, du maire et de tous les notables, il fit un sermon et appela tout le peuple de Tinos à reconnaître ce miracle et à aider à la découverte de l'icône.

Tous furent pris d'un grand enthousiasme et l'évêque, aidé des notables de l'île, commença le travail. Il fallait d'abord commencer les fouilles et pour cela il fallait l'autorisation du propriétaire du champ, Antoine Doxara qui était à cette époque-là à Constantinople. On demanda donc à sa femme qui refusa de façon catégorique car, disait-elle, elle n'avait pas reçu pouvoir pour cela de son mai et il était donc impossible de détruire les cultures qui étaient faites dans ce champ. L'évêque et les fidèles étaient très affligés car ils ne pouvaient rien faire sans autorisation. Que faire ? C'est  la Mère de Dieu elle-même qui répondit à leur demande. 

Quelques heures après dans son sommeil, la femme de Doxara vit un homme portant la fustanelle et qui la menaçait de façon terrible en lui disant de donner l'autorisation pour les fouilles. Le rêve était tellement terrifiant, qu'elle chercha a ouvrir la porte sur la route et à sortir et, par erreur, dans son trouble, ouvrit la porte de l'armoire dans laquelle elle entra et où on la trouva le lendemain évanouie, dans un état terrible. C'est pourquoi, en revenant à elle,  elle se dépêcha de faire dire au métropolite Gabriel qu'il pouvait faire librement tout ce qu'il voulait pour le commencement des travaux. Elle ajouta que si on y trouvait effectivement la sainte icône recherchée, elle ferait cadeau de son champs pour qu'on puisse y construire l'église. 

Donc les fouilles commencèrent en septembre 1822  et continuèrent pendant deux mois sans discontinuer; on trouva les ruines d'une ancienne construction qui donnait l'impression qu'il s'agissait d'une église; on trouva également un puits asséché. Mais nulle part on ne trouva l'icône; entre-temps l'argent qui avait été réuni était dépensé et le découragement s'abattit sur les habitants de Tinos,  leur zèle s'évanouit et bientôt, on s'arrêta sans autre espoir.

Après cet abandon, la Mère de Dieu permit une terrible maladie, la peste, qui fit périr beaucoup de gens à Tinos. De nouveau la moniale Pélagie eut une vision, qu'elle raconta rapidement au métropolite. La mère de Dieu disait : « Si les habitants de Tinos continuent à être indifférents et ne construisent pas mon église, de grands maux s'abattront sur votre île.» De plus, la femme et la sœur de ce Stamatello Calgani, dont la Mère de Dieu avait dit qu'il devait prendre en main la construction, tombèrent elles-aussi très malades et, très effrayés, ils allèrent trouver Mgr Gabriel et lui demandèrent de l'aider à reprendre les travaux. 

Et effectivement, le métropolite Gabriel publia une encyclique le 5 novembre 1822 où il rappelait aux habitants de Tinos les ordres de la Mère de Dieu et leur demandait d'aider à reprendre les travaux. Les habitants de Tinos qui étaient éprouvés par la terrible épidémie, répondirent à cet appel du métropolite Gabriel et fondèrent une association pour la construction de l'église. On décida que le 1er janvier 1823 aurait lieu l'office pour la fondation de la nouvelle église et donc, ce jour-là, Mgr Gabriel, entouré d'un grand nombre de prêtres et d'une foule de fidèles, allait commencer la célébration de l'office quand on s'aperçut que personne n'avait pensé à apporter de la ville de Tinos l'eau nécessaire pour la bénédiction. On envoya donc quelqu'un chercher de l'eau et tous attendaient son retour lorsque, soudain, on entendit la voix d'un enfant qui criait, très étonné, car un puits complètement à sec que l'on avait trouvé depuis longtemps s'était soudainement rempli d'eau jusqu'à ras-bord. Tout le monde comprit le caractère miraculeux de cet événement et, glorifiant Dieu, on décida de faire tout de suite la dédicace de l'église à la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante en raison du miracle.

La construction de l'église continua de même que les recherches de l'icône. Et le 30 janvier 1823, un ouvrier nommé Vlassi frappa de sa pioche quelque chose qu'il fendit en deux. C'était l'icône. Après l'avoir nettoyée et réunie, on s'aperçut que c'était une icône de l'Annonciation de la Mère de Dieu, ce que la Souveraine des Anges avait annoncé à la moniale Pélagie en lui disant le début de l'hymne : « Annonce, terre, la grande joie ».  C'est déjà en soi un miracle que cette icône n'ait pas été détruite et qu'elle soit restée pendant près de huit cent cinquante ans sous terre après l'incendie et la ruine de l'ancienne église. Aussitôt la nouvelle se répandit dans tout Tinos; les cloches sonnaient partout et les gens pleurant, tout émus, se réunirent au champ de Doxara où le métropolite Gabriel, à genoux et en larmes, embrassait sans cesse l'icône et chantait avec les fidèles l'hymne de l'Annonciation. A la suite de la découverte, l'association décida d'édifier une église beaucoup plus grande et magnifique dédiée donc à l'Annonciation de la Mère de Dieu et à l'icône, construite au-dessus de celle de la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante qui est appelée aussi "église de la Découverte".

La façon dont cette église a pu être construite a été l'occasion de nombreux miracles, où la Mère de Dieu a montré à quel point elle se souciait de la réalisation de cette église. Voici un exemple : un bateau, sous pavillon anglais, d'un certain monsieur Tax, se trouvait près de Tinos; tout à coup une violente tempête se souleva et le bateau était sur le point d'être détruit; alors le capitaine regardant vers l'église de la Mère de Dieu qui était en train de se construire, lui demanda de l'aider à se sauver avec son navire et fit le vœux de lui donner pour son église une somme importante. Dès qu'il eut prononcé ce vœux, le miracle eut lieu et les gens du bateau comme ceux sur le côte de Tinos purent voir que la mer continuait à se déchaîner aux environs, mais qu'autour du navire c'était le calme plat. Ainsi le bateau ne fut pas endommagé. Le lendemain, quand la tempête s'apaisa, il put gagner le rivage et donna comme il l'avait promis l'argent pour la construction de l'église.

L'église fut finalement construite entre 1824 et 1830, ce qui constitue un très court délai, vu sa taille. En 1842, l'icône fut dérobée par un voleur, qui voulait prendre les différents objets de valeur mis par les gens sur l'icône. Mais l'icône fut retrouvée, le voleur fut arrêté car tous les habitants de Tinos s'étaient mis à sa recherche, on avait arrêté tous les bateaux qui sortaient de Tinos et ainsi on retrouva le voleur qui finalement montra où il avait caché l'icône. 

On fête aussi la date de cette redécouverte de l'icône volée. Les différentes dates où l'on fête cette icône sont le 30 janvier, jour de sa découverte dans le sol, le 25 mars pour la fête de l'Annonciation, le 23 juillet pour commémorer l'apparition de la Mère de Dieu à la moniale Pélagie : la tradition est d'apporter ce jour-là au matin l'icône au monastère de Kehrovouniou, d'y célébrer la sainte Liturgie et d'y laisser l'icône à la vénération des fidèles avant de la ramener très solennellement en grande pompe, le soir dans l'église de l'Annonciation. On la fête de nouveau le 15 août pour la célébration de la Dormition de la Mère de Dieu : c'est le moment où il y a le plus de pèlerins, venus de par le monde entier. La fête de l'icône au 15 août a été ordonnée en 1837 par un édit royal. On fait également ce jour un office de commémoration spécial pour ceux qui sont morts sur le grand navire de guerre de la flotte grecque Elli, qui a été coulé traîtreusement par un sous-marin italien le jour de la fête, le 15 août 1940, alors qu'il était mouillé avec tous les pavillons de fête devant Tinos. Enfin depuis 1907 on fête le 23 août, clôture de la fête de la Dormition.

A travers son icône à Tinos, la Mère de Dieu a accompli un nombre extraordinaire de miracles, ce qui a fait de ce sanctuaire un des lieux de pèlerinage les plus connus de toute la Grèce. On y dénombre une foule de miracles, en particulier pour ceux qui sont en mer. Par exemple, c'est un navire pris dans une effroyable tempête et jeté sur un écueil qui l'avait percé d'un trou dans la coque : l'eau remplissait le bateau et les pompes ne suffisaient pas à évacuer l'eau à mesure qu'elle entrait; alors dans leur angoisse, le capitaine et les autres marins mirent tout leur espoir dans la Mère de Dieu et ils prièrent tous ensemble avec beaucoup de ferveur. Et le miracle eut lieu : tout à coup l'irruption de l'eau à l'intérieur du navire par le trou s'interrompit, alors que la tempête continuait. Les marins réussirent à vider l'eau et purent continuer leur traversée. Quand ils arrivèrent à un port espagnol et donnèrent le bateau à réparer, ils s'aperçurent que dans le trou de la coque s'était coincé un gros poisson de l'espèce des requins. Ils étaient tellement bouleversés par ce miracle extraordinaire qu'ils apportèrent à la Mère de Dieu dans son église de Tinos une copie en argent de leur bateau avec le poisson coincé dans le trou de la coque, que chacun peut voir aujourd'hui comme ex-voto. 

Un autre exemple des miracles advenus, c'est celui d'un aveugle qui depuis des années supportait sans murmure son infirmité, et un jour pria avec beaucoup de ferveur la Mère de Dieu, la Pleine de grâce de Tinos, en lui disant que la première chose qu'il verrait devant lui si elle lui ouvrait les yeux, il en ferait cadeau à son église. Et le miracle eut lieu, la première chose que rencontrèrent ses yeux, ce fut un oranger et il offrit à la Mère de Dieu une reproduction de l'oranger en argent.

D'un point de vue historique, le fait que l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu a été découverte au moment de la guerre de libération de la Grèce a été considéré dès le départ par les Grecs comme une grâce particulière et une protection du "stratège invincible" qu'est la Mère de Dieu. Et effectivement pendant les différentes batailles, les deux guerres mondiales, ils ont eu très souvent l'occasion de voir l'aide de de la Mère de Dieu, parfois de façon visible, par des apparitions.

Source:

Cette icône est aussi fêtée aux dates suivantes: 30 janvier/ 12 février; 25 mars/7 avril; 23 juillet/ 5 août. 

15/28 août: Icône de la Mère de Dieu Galitchskaya [Галичская (Чухломская)]

Галичская (Чухломская) икона Божией Матери

L'icône apparut en 1350 à saint Abraham de Galitch, et de Tchoukhlom qui vint dans le Nord, avec la bénédiction de saint Serge de Radonège pour s'adonner à l'ascèse spirituelle. Sur la rive déserte du lac de Galitch, près d'une grande montagne couverte de forêts denses, il adressa une prière à la Mère de Dieu, lui demandant qu'elle bénisse son ascèse.

Après la prière, le moine s'assis pour se reposer, et il vit soudainement sur une montagne voisine une lumière et il entendit une voix: "Abraham, Lève-toi et va dans la montagne, où est l'icône de Ma Mère." 

Le Moine gravit la montagne, alla à l'endroit où la lumière brillait, et vraiment il trouva un arbre avec une icône de la Mère de Dieu avec l'Enfant Eternel. Prenant la sainte icône, l'ascète construisit sur le site une chapelle pour y mettre l'icône.

Après un certain temps le prince Dimitri Féodorovitch de Galitch apprit ce qui était arrivé, il demanda au vieil homme de lui apporter l'icône. Père Abraham traversa le lac en bateau jusqu'à Galitch, où, suivi par le clergé et un grand nombre de personnes, l'icône miraculeuse fut amenée dans l'église cathédrale de la ville de Galitch. Ce jour-là, l'icône guérit beaucoup de malades.

Lorsque Père Abraham eut raconté au prince les détails de l'apparition de l'icône, celui-ci fit don de l'argent pour construire un monastère. Bientôt une église fut érigée, autour de laquelle s'établit un monastère.

Par la suite, le moine Abraham fonda plusieurs monastères. Le dernier était basé près de la ville de Tchoukhloma. Le nom du monastère est devenu connu sous le nom de monastère de Tchoukhlom, tandis que l'icône miraculeuse de Galitch, vit ajouter à son appellation, le terme de Tchoukhlomskaya (id est de Tchoukhlom).

En 1929, après la Révolution, le monastère fut fermé, les moines furent martyrisés. L'icône miraculeuse de Galitch disparut ainsi. 

En 1991, après le transfert de l'ensemble du monastère au diocèse de Kostroma, on assista à la renaissance du monastère. Dans ce monastère, on vénère surtout une copie de de l'ancienne icône de la Mère de Dieu de Galitch-Tchoukhlom.

Elle est fêtée le 28 mai/10 juin, le 20 juillet/2 août, et le 15/28 août.

Version française Claude Lopez-Ginisty

mercredi 10 août 2016

28 juillet/10 août: Icône de la Mère de Dieu de Chouïou-Smolensk ["ШУЙСКАЯ-СМОЛЕНСКАЯ"]




L'icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Chouïou-Smolensk a été peinte dans les années 1654-1655 dans la paroisse de la Résurrection de la ville de Chouïou, où une peste fait rage sans relâche. Confiant dans la miséricorde de Dieu et par l'intercession de la Mère de Dieu, les paroissiens de l'église de la Résurrection demandèrent à un certain moine pieux de peindre l'icône de la Smolensk Mère de Dieu de Smolensk, icône longtemps considérée comme salvatrice du peuple russe frappés par les ennemis et le malheur.

Les paroissiens passèrent toute la semaine dans la prière et le jeûne tandis que l'icône était peinte. Lorsque l'icône fut terminée, le prêtre et le peuple l'apportèrent à l'église et la mirent dans un endroit spécialement construit. Dès cette époque, la peste commença à régresser, d'abord près de la paroisse de la Résurrection, et puis ensuite dans toute la ville.

Par cette icône de la Mère de Dieu, de nombreux miracles de guérison eurent lieu, en particulier pour les fidèles atteints de maladies des yeux. L'icône est également fêtée le 11/24 juillet, le 2/15 novembre et le Mardi Lumineux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

vendredi 5 août 2016

23 juillet/5 août: Miracle de l'icône de la Mère de Dieu de Potchaïev [«ПОЧАЕВСКАЯ» ]

Почаевская икона Божией Матери


La montagne de Potchaïev est à l'ouest de la Russie, et là, au XIVème siècle, la Mère de Dieu avec le Sauveur est apparue à deux moines et un berger. Après cette apparition, une seule empreinte du pied de la Toute Pure est restée gravée dans la montagne, à partir de laquelle une source a surgi. 

La montagne auparavant déserte est devenue le site d'un monastère dédié à ce miracle. Plus de 200 ans plus tard, le monastère reçut la visite d'un évêque grec du nom de Néophite, qui laissa comme cadeau au monastère, une icône de la Mère de Dieu de Constantinople. Cette icône porta alors le nom du monastère et devint l'icône de la Mère de Dieu de Pochaïev.

En 1675, une armée turque avançait vers la montagne de Pochaïev, déterminée à élargir le Dar al-Islam [Maison/empire de l'islam*]. Le monastère, était incapable de résister à une agression, et ce malgré la présence des défenseurs des armées; aussi, nombreux furent ceux qui abandonnèrent l'espoir que Pochaïev pourrait survivre.

Au matin du 23 juillet/5 août, l'higoumène de Pochaïev enjoignit aux moines de demander l'intercession de la Mère de Dieu et de saint Job, ancien moine dont les reliques étaient dans le monastère. Les Turcs massés au pied de la montagne préparaient leur assaut, les moines commencèrent la prière "Ô Reine des armées célestes…" devant l'Icône de la Toute Pure Mère de Dieu...

A ces mots, la Mère de Dieu apparut dans les nues, le moine Job en prière à côté d'elle, avec une armée d'anges aux épées dégainées. A cette apparition, les défenseurs furent comblés, tandis que les Turcs furent terrifiés. Telle est la puissance et la force des images célestes.

Dans la panique, les Turcs décochèrent des flèches dans le ciel sur l'apparition, mais les flèches ne firent que retomber à terre sur les assaillants. Encore plus paniqués, les Turcs prirent la fuite, se piétinant les uns les autres dans leur débâcle. Les défenseurs se précipitèrent hors du monastère pour faire des prisonniers de l'armée en déroute. Ces prisonniers connurent plus tard la liberté des enfants de Dieu en Christ, et beaucoup demeurent à Pochaïev et se firent moines.

L'icône ci-dessus est une copie de la Pochaev Icône. La frontière de nuages représentent la vision de la Toute Pure avec l'Enfant-Dieu, Notre Sauveur. On voit en dessous l'empreinte du pied de la Mère de Dieu sur laquelle le monastère (également représenté) fut fondé.



The original Pochaev Icon

Icône originale de Pochaïev


En 1721 Le monastère fut occupé par les uniates. Cependant, au cours de cette période difficile, la chronique du monastère répertorie 539 miracles de l'icône miraculeuse. Ainsi pendant l'occupation uniate dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, le comte uniate Nicolas Pototski devint un bienfaiteur de la Laure de Potchaïev à la suite d'un grand miracle. 

Ayant accusé son cocher d'avoir renversé le chariot avec ses chevaux , le comte sorti un pistolet pour lui tirer dessus. Le cocher, se tourna alors vers la colline de Potchaïev, éleva ses mains vers le ciel et s'écria: "Mère de Dieu, qui se manifeste dans l'icône de Potchaïev, sauve-moi!" 

Pototski essaya à plusieurs reprises de tirer avec son arme, qui ne lui avait jamais fait défaut, mais l'arme ne fonctionna pas. Le cocher resta vivant et remercia la Toute Sainte. Alors, Pototski se rendit d'emblée vers l'icône miraculeuse et décida de lui-même de se consacrer et de consacrer tous ses biens au monastère. Grâce à sa générosité,  fut construite la cathédrale de la Dormition et des bâtiments pour les moines.

 Le retour de Pochaev dans le giron de l'orthodoxie en 1832 fut marqué par la guérison miraculeuse d'une jeune fille aveugle. A la suite du miracle de la guérison de sa cécité de cette jeune aveugle du nom d'Anne Akimtchoukova, Innocent, archevêque de Volhynie et archimandrite de la Laure de Potchaïev (1832-1840), établit le samedi la règle de lecture de l'acathiste devant l'icône thaumaturge.

Sous l'higouménat d'Agathange (1866-1876), une chapelle séparée fut construite dans les galeries de l'église de la Sainte Trinité pour commémorer cette victoire du 23 juillet/5 août.

Cette icône accomplit beaucoup d'autres miracles, et elle est toujours reconnue comme icône miraculeuse jusques à ce jour. A la date du 23 juillet/5 août, est commémoré le  miracle de la délivrance du monastère de l'assaut des turcs.

Le 8/21 septembre est fêté sa translation au Monastère de Pochaïev. 

L'icône est aussi fêtée le Vendredi de la Semaine Lumineuse.


Tropaire de l'icône au Ton 5

Ô Souveraine, à ceux qui prient devant Ta sainte icône,
est accordé de recevoir la guérison et la connaissance de la vraie foi,
Et ils repoussent les attaques de la horde musulmane.
C'est pourquoi nous te prions de demander 
Pour nous qui nous inclinons devant toi,
 la rémission des péchés.
Illumine nos coeurs par des pensées de piété,
Et élève une prière vers ton Fils pour qu'Il sauve nos âmes.

Version française Claude Lopez-Ginisty


[*] C'est ainsi que les musulmans nomment toute terre qui n'est pas encore musulmane!